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« On n’est que de passage dans les vignes » : Samuel Touchais impulse une nouvelle dynamique viticole
Arrivé le 2 janvier 2024 à la tête d’un domaine viticole historique de Martigné-Briand, Samuel Touchais entend développer l’image et la qualité des vins, tout en affirmant une vision engagée du bio. Entre héritage du passé et projet de nouveau chai, le vigneron affiche des ambitions claires.

Dans la soirée, lundi 2 février, en périphérie de la région lyssoise, nous attend le vigneron Samuel Touchais. C’est sur les hauteurs de Martigné-Briand, au cœur du vignoble du domaine « Château de la Calonnière », dont il est responsable depuis début 2024, que celui-ci raconte sa carrière et ses convictions.
Formé à la viticulture, il débute sa carrière en 1999. Il enchaîne de multiples expériences dont trois ans chez un négociant, dix ans comme maître de chai, puis onze ans comme chef de culture dans un domaine conduit en bio et biodynamie en Anjou-Saumur. « Je m’occupais de toute la partie vigne, mais je vinifiais aussi. J’ai continué à vinifier pendant onze ans en collaboration avec le maître de chai », précise-t-il.

Une opportunité professionnelle s’ouvre pour lui début 2024. Il prend ainsi les rênes du domaine Château de la Calonnière, situé sur la commune de Martigné-Briand, dans la périphérie de la région lyssoise. Il devient donc responsable de l’exploitation viticole pour le compte de la propriétaire, Catherine, héritière des lieux. Historiquement, le domaine, fondé au XVIIIᵉ siècle et racheté en 1967 par Monsieur Teurquetil, avait déjà marqué l’histoire viticole locale. « Lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900, un Coteau du Layon y avait reçu un prix, contribuant à faire sortir le vignoble de l’ombre », explique-t-il.

À son arrivée sur ce domaine, 20 hectares sont exploités en agriculture biologique. Il découvre une structure à taille humaine : cinq salariés à temps plein, des renforts saisonniers l’hiver et jusqu’à une douzaine de personnes pendant les vendanges. « Je travaille très rarement dans les vignes, trop rarement à mon goût, mais je m’assure surtout de manière hebdomadaire de la qualité du travail fait par les équipes et de l’évolution de la vigne et du raisin au cours de l’année. Un bon vin commence par un raisin de très bonne qualité. Je fais toutes les vinifications, je participe aux salons avec Arthur, le commercial… et je passe trop de temps au bureau », confie-t-il avec franchise.
Mais l’objectif affiché est clair depuis son arrivée : développer les ventes, renforcer l’image du domaine et élever encore le niveau technique. Récemment, une décision collégiale a ainsi été prise : la construction d’un nouveau chai. Ce dernier doit sortir de terre en 2026. « Ce futur bâtiment regroupera l’ensemble des espaces techniques pour plus de fonctionnalité et d’efficacité énergétique. Il comprendra également une salle de dégustation et un espace séminaire pour accueillir des groupes. L’objectif, c’est d’aller vers des vins toujours plus haut de gamme, plus précis », explique le vigneron.

Au-delà du développement économique, il cultive un profond respect de l’environnement. « Le passage en agriculture biologique du domaine, engagé en 2021 et pleinement certifié depuis 2024, est une motivation quotidienne. » Il reconnaît pourtant avoir été sceptique à ses débuts. « J’étais profondément un antibio en sortant de l’école. Puis, une expérience professionnelle dans un domaine en bio m’a motivé à évoluer vers la biodynamie… et aujourd’hui, je suis complètement convaincu », affirme-t-il.
Pour lui, cette démarche dépasse la simple technique culturale, c’est une conviction. « On est juste de passage dans les vignes. Elles étaient là avant nous et seront là après nous. Il faut laisser un sol vivant, des rivières vivantes, protéger les salariés et l’environnement », insiste-t-il. Le domaine présente une particularité géographique : 20 hectares de terres bordent le Layon, susceptibles d’être inondées ; 5 hectares entourent le château, et 20 hectares de vigne dominent l’ensemble. Une « bulle » de 45 hectares entièrement conduite en bio, à laquelle s’ajoutent « 5 hectares supplémentaires récemment acquis sur le territoire de Bonnezeaux, également conduits en bio. »

Au-delà de la culture de la vigne, Samuel Touchais, avec l’aide de l’équipe du domaine, développe une approche globale : « implantation de ruches, semis de couverts végétaux pour favoriser la floraison, plantation d’un verger de 109 arbres et replantation de 220 mètres de haies bocagères. » Une stratégie assumée visant à renforcer la biodiversité et à favoriser une régulation naturelle des ravageurs. « Les oiseaux et les chauves-souris régulent les populations d’insectes. C’est un équilibre naturel dont on a besoin », explique-t-il.

Entre héritage historique, engagement environnemental et projet d’envergure avec le futur chai, le domaine amorce une nouvelle étape de son développement cette année.
« Le domaine ouvrira ses portes au public les 25 et 26 avril 2026. C’est une occasion de venir découvrir la viticulture biologique », conclut-il.
Château de la Calonnière
Les Calonnières,
49540 Terranjou
02 41 59 43 37




